LA LETTRE DE DIVORCE

Aujourd’hui, si je prends la peine d’écrire une lettre de divorce, ce n’est pas pour rien ! Après tant de billets d’amours conçus dans la sueur et dans le sang, voici un texte qui peut sembler totalement en discontinuité avec l’effort poétique entrepris mais qui néanmoins mérite d’apparaître et de figurer au premier plan de cette vitrine de poésie, que je veux mienne, que je veux vôtre ! Ce texte, dis-je, doit être considéré comme le plus intemporel de tous mes poèmes tant sa portée symbolique et prophétique me tient à cœur ! C’est une lettre de divorce, écrite dans le sable et dans le calcaire selon l’ordonnance de Moïse, pour celle qui s’y reconnaîtra, après ou même sans l’avoir lue !

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Deutéronome 24 : 1-2 : Lorsqu’un homme aura pris et épousé une femme qui viendrait à ne pas trouver grâce à ses yeux, parce qu’il a découvert en elle quelque chose de honteux, il écrira pour elle une lettre de divorce, et, après la lui avoir remise en main, il la renverra de sa maison. Elle sortira de chez lui, s’en ira, et pourra devenir la femme d’un autre homme.

À qui de droit, selon la loi de Moïse.

Vitrine de Poésie

Voici venu le temps austère pour moi de prendre mon envol

L’esprit léger l’œil dessillé tel un esclave juif en plein jubilé

Je ne t’accuse d’aucun tort d’aucune mort et d’aucune babiole

Je veux juste adieu crier au long joug amoureux qui nous a tant lié

̶

L’Amour sous le pont a coulé jusqu’à l’heure maudite où son nid a tari

Et j’ai vu les Parques briser les cordes qui nos deux destinées unissaient en une suave atonie

Telle une flamme trépassée dans la nuit sans faire de bruits

L’Amour dans le puits d’Hadès a glissé nous voici défunts de lui

̶

Je ne laisserai le Remords me mordre au cœur tel un ver affamé un fruit pourri

Puisqu’un autre connût les secrets de ton âme en des heures condamnées

Je n’appellerai plus miens ni ton corps ni ton âme ni ton esprit dans ce lit

̶

Te voilà libre comme le zéphyr et moi libre comme le plus libre des fauves

Adios très chère que j’ai aimé pour un temps qui me sembla une éternité

Il nous faut désormais tirer un trait sur notre hymen tourner la page ou jeter le flambeau

̶

— Gilles F. Dogbo

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