VICTOR HUGO

Pas de commentaire

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Sa vie est une théière noire qui hurle dans la cuisine de ma mémoire.

Cet homme est une âme de fer.

Les robustes nuages de son regard

Prennent tour à tour des courbes sibyllines et élégiaques

Quand roule l’astre d’or dans la calebasse du temps.

Sa vie est un autel à l’hommage des césars de la terre

À l’image des cohues apprivoisées par la misère.

Furent l’objet de ses méditations journalières

Les croustillantes intrigues des cœurs noirs

Les chars d’apothéose attelés aux chérubins d’ivoire

Le spectacle des plus langoureux déboires

Les douleurs qu’on n’ose même plus voir

La nature ployant sous le poids des diams du soir

Et toutes choses plus rares scellées dans les grimoires.

Prêtez-moi la plume de Victor Hugo

Et j’écrirai des odes douces comme du sorgho

Et je ferai de l’Académie un asile de dingos

Et des révolutions j’en pondrai à gogo

Les maîtres du monde perdront tous leurs egos

De Paris à Glasgow de Tahiti au Congo

Dans le bec du corbeau sur la radula de l’escargot

Il n’y aura que l’écho de mon âpre argot

D’ailleurs la haine subira un ferme embargo.

Victor Hugo était nègre comme un Pongo !

Ne l’avez-vous point ouï miauler sa bile d’alter-ego

Du bateau ivre qu’était Arthur Rimbaud !

Mon art, tu n’as rien de beau,

Toutefois, tu brûleras comme un mégot

Toutes les lèvres tous les cerveaux

Tu seras l’aiguillon des révoltes du cosmos

Tu brûleras l’abeille et l’oseille et le cercueil

Tu brûleras le sensuel et le sacrificiel

Tu brûles le rat qui mord le lard de l’art

Et t’ériges déjà en étendard du bastion

Des derniers forgerons de la dilection.

Que cernait l’esprit immense de ce patriarche

Par devers l’asphalte lézardé par le vol des aigles

Par devers les soupirs ermites du myrte à la termite

Par devers le quart de mots scintillants qu’enfantent les idées saignantes

Par devers l’amour vêtu de fards à l’instar des beautés dont on n’aime que les lueurs

Par devers le cri strident des écrivaillons qui à la postérité ne lègueront que des pages balafrées par le silence écrasant des mânes

Par devers la part de vers que lui accorda le Dieu des lettres pour nous faire rire ou pleurer sur le sort révolu des kaisers mordus par les vers ?

  • Ego Hugo !

En dessous des masques de bois

En dessous du casque des lois

Le visage froissé par l’effroi

Trouva en lui une forte voix !

— Victor Hugo !

Mais que fut Hugo, le grand écrit-vain qui survécu à tout ce qu’il aima…

— Gilles F. Dogbo

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