10 POEMES ET DES CENDRES

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BARBECUE 3


I.

TRISKAÏDÉKAPHOBIE

 

LES hommes apprirent avec beaucoup de douleurs

Que certains chiffres peuvent changer la couleur

Des jours, des étoiles, des crânes, des souliers

Hélas, combien en sont devenus fous à lier

 

Treize, tu es un numéro qui fout la frousse

A l’occident, banni des murs et des tours

Tel l’ombre du fléau débordé, on te prive d’amours

{On te prive de fleurs | on connaît tes secousses}

 

Moi, en ce beau vendredi 13 décembre 2013

Je vais crier et prier contre ton influence

Pour que rien de rien de rien tu ne me lèses

Et que mes matins n’empruntent le timbre de tes transes

 

13/12/2013

16 : 33


II.

ADDICTION A L’OCYTOCINE

 

ETAIT-CE de l’amour, de l’amour, de l’amour

Cette jeunesse gaspillée à rêver, à rêver, à rêver

Etait-ce de l’amour

Qu’aime-t-on lorsqu’on n’a personne à embraser

 

Ce reflet, cette sylphide, ce désir

De flamme qu’aucune femme ne peut assouvir

Qu’avais-je à gagner à maltraiter

Feuilles, stylos et encre bleutés

 

Qui s’attacherait aux frasques fondantes d’un lycéen

Qui rarement balayait sa chambre

Par là du sucre et par ici de l’ambre

Telle une fourmille qui fraye son poétique chemin

 

14/12/2013

22 : 01


III.

DIX VAGUES

 

Son corps est un pain au chocolat au sortir du four

Ses baisers distillent de la cocaïne

Ses lèvres sont deux mirabelles très fines

Sa silhouette s’affirme tel un poème araméen écrit dans le sable sourd

 

Dix vagues ronronnent et meurent au creux des ses reins

Et je lui ai souvent dis « Tes seins ne sont plus siens »

Faut-il que je pleure ou que je devienne troubadour

Pour qu’elle m’offre le fruit de son amour

 

On me dit « Petit, fait tout pour manger ça »

Je fais tout et je fais des tours de lettres

Mais mille sonnets shakespeariens ne valent pas le CFA

Et la berline d’un salopard qui pue la cigarette

 

15/12/2013

05 : 35


IV.

MA ZONE DE CONFORT

 

A-t-on besoin de stress, de pouvoir et de sexe

Pour se sentir vivre

A-t-on besoin de tout avoir // savoir des nombres complexes

Pour écrire un livre

 

Ne me répondez pas, pure rhétorique

Pour moi, écrire est un terrible tic

Qui soulage mes nerfs lorsque je donne des kôkôtas

Aux touches de mon clavier magenta

 

Alors j’écris

Pour sourire

Pour pleurer ou pour mal-dire

Pour déployer mon orgueil de vers dans de fastueux débris

 

16/12/2013

15 : 17


V.

LE BONHEUR DE VIVRE DANS LE PASSE

 

Le temps passe et fait de nous des trépassés

… Cadenassés aux lois funestes de l’univers

La vie nous brasse l’air des lassés

… Des masques de crânes de chairs, et de fers

 

Violent verbe qui frappe la descendance

… Des damnés

Et qui s’auto-perpétue en cadence

… Enflammée

 

J’aurais bien arrêté de penser

… Il eut fallu que vous ne le ressassassiez

Qu’il faut vivre prisonnier du présent

… Et laisser l’horloge effacer l’antécédent

 

17/12/2013

12 : 19


VI.

CHROMOTHERAPIE

 

Il me faut des couleurs, du noir du rouge du bleu

Pour tout agencer sur les murs de ma chambre

+++ Tel un cordon bleu +++

Il me faut du gingembre

 

Pitchou-poutchou sur mon bidou tout doux

Il me faut des jaloux

+++ Des saveurs d’enfances +++

Un poster de Maître Gims, un diplôme d’Harvard en Romances

 

Mon âme est une œuvre d’art

Et je peuple mon univers d’arcs-en-ciel

+++ D’art-en-ciel et d’art-en-parcelle +++

Quand mon somme s’enfuit en grillant tous les radars

 

18/12/2013

12 : 07


VII.

VERITAS

 

Laissez-moi vous dire toute la vérité J

En vérité, en vérité je vous le dis L

Il n’y a pas de vérité J

Lorsqu’on joue aux échecs, à la politique ou au maudit L

 

Je déteste les maudits :-!

Pourquoi ne cherchent-ils pas la Vérité 😕

Ils sont là à vivre ignorants de tout ce qu’ils ont hérité 😕

Des aïeuls idolâtres et maudits :-!

 

Pourquoi te dire ma vérité :-$

La Vérité sur terre en mille éclats de pains et de rosés s’est brisée :-$

Ma vérité n’est pas tienne puisque tu souris K

Incrédule et narquois à tant de non-dits K

 

19/12/2013

20 : 10


VIII.

NARRATION

 

Le jardinier est venu pour ruiner la forêt

La forêt d’épines et de roses

Roses ont dit « non » au jardinier outré

Outré le jardinier a sorti ses coupantes choses ~

 

Je ne vous dirai point l’issue de la bataille

La bataille était digne d’une épopée mandingue

Dingue le jardiner a zigouillé ces racailles

Ces racailles qui comme moi craignent la seringue ~

 

Bof, au final, c’est sur l’asphalte que la nature vaincue

A poussé ses jurons

Et moi en bon moqueur têtu

J’ai lapé un bonbon ~

 

20/12/2013

09 : 46


IX.

ACTION PROPHETIQUE

 

Quand l’action devient prophétie la prophétie devient action :::

Comme si les montagnes de Sion,,,

Dans ma poche se faufilaient afin que mon monde grandisse

Loin de ces femmes-fleurs qui donnent la chaude pisse !!!

 

Quand la prophétie devient action l’action devient prophétie :::

Comme si les gratte-ciels de New-York,,,

Sous mes pieds se dessinaient afin que je bouffe des sandwichs au porc

En mâtant les fesses de la statue de Liberty !!!

 

Je suis citoyen du monde tout comme ma poésie

Qui à la terre d’ivoire ne s’est point liée ;;;

J’ai chaque jour des beautés de Rhodésie

Pour encenser la mécanique de mes lettres égosillées…

 

21/12/2013

23 : 28


X.

LA LIBERTE EST UNE STATUE

 

La liberté est une statue digne et bien vêtue

Qui porte une torche pour le monde au dessus du monde [.]

Pour ceux qui admirent la face immonde du monde

La liberté est une pierre qui ne vaut pas une laitue [.]

 

La liberté est figée et immobile pour ceux qui l’ont acquise

Elle ne s’évade guère et n’entends les cris de guerre [?]

Quand viennent les grêles et fondent les banquises

Oh what a tragedy la liberté est éphémère [?]

 

Comme un commun communiste va

La liberté est une statue que s’offrent les soldats [!]

On se bat pour un bout d’Eden et des bananes plantains

A savourer avec une sauce graine et un très bon vin [!]

 

22/12/2013

20 : 24


— Mr. Gilles Fabien DOGBO

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